Marie de Bourgogne, contrairement à ce que votre nom laisse présager, vous êtes bien une duchesse de Savoie ?
Marie de Bourgogne : Oui, mais je suis issue de la famille des ducs de Bourgogne (rire). C’est mon père qui a fondé la dynastie. Un sacré bonhomme. Vous savez qu’il était le dernier fils du roi de France Jean le Bon ? En 1356, alors qu’il n’avait que 14 ans, il s’est montré tellement courageux à la bataille de Poitiers, contre les Anglais, qu’on lui a filé un surnom trop stylé : Philippe le Hardi ! Quelques années plus tard, pour le récompenser, papy Jean a fini par lui donner le duché de Bourgogne.
Et comment passe-t-on de la Bourgogne à la Savoie ?
Par les joies du marché matrimonial ! Papa avait bien réussi à la tête des États bourguignons. C’était un politicien balèze. Jean Froissart, le Stéphane Bern de l’époque, avait dit de lui « qu’il voyait loin ». Il a fait un bon mariage qui lui a rapporté plein de territoires dans le nord de l’Europe ! À ce jeu-là, tous les coups étaient permis ; par les armes, la diplomatie ou en mariant ses enfants. Avec la Savoie, c’est la troisième solution qui a été privilégiée (sourire en coin).
Dites-nous en plus à ce sujet, votre Altesse ?
Papa a fait des offres pour me marier à l’héritier des comtes de Savoie, nos voisins directs. Spoiler, le plan a grave marché… Un traité de mariage a été conclu peu après ma naissance, mais des « difficultés » ont compliqué la concrétisation du projet. En très résumé, le père de mon mari était mort quand son héritier était mineur. Du coup, régence jusqu’à sa majorité. Mais qui pour l’exercer ? Y’a eu un crépage de chignon entre sa mère et sa grand-mère avec du rab’ sur la salade de doigts. Mon père a joué les arbitres et a imposé notre union.